Les chroniques du M'O+
| 1 III 2010 | Merci Bernard Coutaz! |
| Décidément, le congé sabbatique pris par le rédacteur du Magazine de l'Orgue avant de lancer le M'O+ ne porte pas chance:
il y a deux semaines la rédaction recevait le communiqué suivant: Pierre Vidal: Bach et la machine orgue s’est arrêtée. Vendredi 5 février 2010, Pierre Vidal, organiste, compositeur et musicologue français né en 1927, s’est éteint dans sa 83e année dans le petit village de Mersuay en Haute-Saône. Il a été inhumé selon ses dernières volontés, en toute intimité au cimetière de Mersuay. Vous trouverez dans la discothèque (CD_3457) et dans la bibliothèque (B_2710) du M'O+ un coffret de 6 CD's et son dernier livre, qui voient approcher la date de publication de leurs commentaires... Puis, ce 28 février, pendant que je rédigeais le commentaire d'un autre coffret de 6 CD's (CD_3448), j'apprenais par un détour sur internet le décès de son producteur, confirmé ce premier mars par un courrier d'Harmonia Mundi: Nous avons le regret de vous informer du décès de Bernard Coutaz, Président Directeur Général d’harmonia mundi, survenu dans l’après-midi du vendredi 26 février à Arles. Fondateur d’harmonia mundi en 1958, Bernard Coutaz s’est éteint à l’âge de 87 ans. Dès 1958, l’histoire de Bernard Coutaz se confond avec celle de son entreprise. Construit à partir du label de musique classique, harmonia mundi a très tôt pris en main sa distribution commerciale et assuré celle de nombreux autres labels. La diversification s’est alors étendue à la distribution d’éditeurs de livres, secteur qui représente aujourd’hui environ 40% de l’activité en France. C’est dans un esprit d’indépendance qu’il avait décidé de la création progressive d’un réseau de 46 boutiques en France et en Espagne. Bernard Coutaz avait prévu sa succession depuis plusieurs années déjà en nommant Eva Coutaz Directrice Générale d’harmonia mundi. Elle lui succède aujourd’hui à la tête d’un groupe dont la maison mère est à Arles et qui comporte six filiales, en Allemagne, au Benelux, en Espagne, aux Etats-Unis, au Royaume-Uni et en Suisse. La dette des organistes et des amateurs d'orgue envers le médiateur et le précurseur que fut Bernard Coutaz est énorme. Nous en avons parlé dans le commentaire du coffret de 6 CD's évoqué il y a un instant. Non seulement il nous a révélé des organistes comme Francis Chapelet et Michel Chapuis, et par leurs choix de répertoire, il nous a familiarisé avec tout un répertoire aujourd'hui généralement apprécié, mais encore il a rendu publics les noms de villages perdus en France, en Espagne, en Allemagne, et même en Suède, que tous les organistes connaissent, parfois même sans y avoir mis les pieds. En guise de bien modeste hommage à l'œuvre de ce découvreur sans pareil, voici le catalogue de la collection remarquable qu'il a créée: Orgues Historiques. Le relevé en est fait par les exemplaires que j'ai la chance de posséder; les données entre crochets sont relevées dans divers catalogues et n'ont pu être vérifiées sur pièce. Pour les six premiers volumes, le numéro d'ordre était celui de la collection Musiques de tous les temps (21, 23, 25, 27, 29 et 31) et la numérotation entre crochets est celle dans la série consacrée à l'orgue, qui n'apparaît qu'à partir du numéro 7, quand on parle de Nouvelle série et quand la numérotation de Musique de tous les temps disparaît. À partir de 21, la numérotation est précédée d'un préfixe «1.». [1]. Saint-Maximin: Michel Chapuis (Novembre 1962) [2]. Le Petit-Andely: Michel Chapuis (Février 1963) [3]. Marmoutier: Michel Chapuis (Avril 1963) [4]. L'Isle-sur-la Sorgue: Michel Chapuis (Juin 1963) [5]. Souvigny: Michel Chapuis (Novembre 1963) [6]. Saint-Jean-de-Losne: Michel Chapuis (Janvier 1964) 7. Covarrubias: Francis Chapelet (Avril 1964) 8. Bastia: René Saorgin (Octobre 1964) 9. Steinkirchen: Helmut Winter (Avril 1965) 10. Salamanque: Francis Chapelet (Janvier 1965) 11. Lyon, Saint-François de Sales: Marcel Pehu (Mai 1965) 12. Trebel: Helmut Winter (Septembre 1965) 13. Saint-Quirin: Michel Chapuis (Novembre 1965) 14. Ciudad Rodrigo: Francis Chapelet (Mars 1966) 15. Alkmaar: René Saorgin (Août 1966) 16. Frederiksborg: Francis Chapelet (Février 1967) 17. Aatvidaberg: Gotthard Arnér (Mai 1967) 18. Trujillo: Francis Chapelet (Juillet/Août 1967) 19. Altenbruch: Helmut Winter (Mars 1968) 20. Saint-Chinian: René Saorgin (Mai 1968) 21. Avignon: Luciennne Antonini (Novembre 1968) 22. Lisbonne, S. Vincente de Fora: Francis Chapelet (Février 1970) 23. Roquemaure: Francis Chapelet (Mai 1970) 24. [Tolède (orgue de l'Empereur): Francis Chapelet (date?)] 25. [Buttforde: Helmut Winter (1970-71)] 26. Vienne, Piaristenkirche: Marinette Extermann (Octobre 1972) 27. [Brescia, San Giuseppe: René Saorgin (date?)] 28. [Saint-Guilhem: Francis Chapelet (Avril 1973)] Pour être complet, ajoutons deux numéros spéciaux: L'orgue Classique Français par Jean Fellot (un texte capital, toujours d'actualité aujourd'hui, et fort recherché), avec Michel Chapuis à l'orgue du Petit-Andely (décembre 1962), et Orgue de Saint-Séverin de Paris, avec neuf chorals de l'Orgelbüchlein par Michel Chapuis (Mars 1964). Enfin, le numéro 18 de Musique de tous les temps, intitulé L'orgue reprend la musique du disque de 1962, avec des textes de Marie-Claire Alain, Hélène Salomé, le facteur d'orgues Chéron, Jean-Paul Lacas, Antoine Reboulot, Nanie Bridgman, François Picard, Marcel Frémiot, Jean Fellot et Michel Chapuis (Avril 1972). Merci, Bernard Coutaz! |
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| 2 II 2010 | Mise en boîte du boîtier |
| Bien souvent, je me suis dit que le plus malin, dans le monde du CD, était l'anonyme inventeur du boîtier en plastique dans lequel est agrafée la petite galette argentée, et où se trouve coincé entre quatre ergots le livret qui en décrit le contenu. J'ai en vain cherché un mot autre que «agrafé» pour décrire le système de petits ressorts en plastique qui enserrent le trou médian du CD et ne le libèrent que sous la pression du pouce au centre, conjuguée à la traction de l'index sur l'extérieur. Ce geste, que ne décrit aucun mode d'emploi, n'est-il pas en somme comparable à d'autres dégrafages, tout aussi complexes et prometteurs de plaisirs? Mais concentrons-nous sur ce boîtier. L'unique usine fournissant toutes les fabriques de par le monde qui pressent des CD's peut se contenter de seulement deux modèles: un pour les CD's simples, l'autre pour les CD's doubles, voire triples ou quadruples. Le boîtier simple se compose de trois éléments; le fond, qui reçoit le support du disque, et le couvercle, qui referme l'ensemble et s'accroche au fond par deux petites pattes ayant l'habitude irritante de se casser au moindre choc. Les deux pièces externes sont toujours en plastique transparent, le support peut être translucide ou coloré, selon le goût du client. Rien de tout cela n'est vraiment génial. Mais ce qui l'est, sachant que le fabricant de ces emballages jouit d'un véritable monopole, c'est le côté universel de la chose: qu'il s'agisse du premier enregistrement d'un débutant, tiré à cinquante unités, que l'on parle d'un disque de chant grégorien vendu par centaines à la brasserie des trappistes qui l'ont interprété, entre les tartines au fromage (d'abbaye) et les cartons de bière (des trappistes), que nous évoquions le récital de la diva que vous avez vue hier à la Monnaie, qui sera demain à la Scala et la semaine prochaine au Met, accompagnée de son agent et de plusieurs boîtes de sa dernière production, ou bien de l'enregistrement «live» au Zénith de ce groupe rock, pop, rap ou slam, hip hop ou r 'n b, ou encore du énième disque d'or de Johnny, Céline, Lara, Eddy, Elvis ou Madonna, chacun de ces CD's est vendu dans le même insignifiant, uniforme, dérisoire, creux, global et modique boîtier… C'est ici que réside le trait de génie: alors que le producteur du CD ne sait jamais à l'avance si celui-ci aura du succès, et est bien en peine d'en estimer le tirage, le marchand de boîtiers, lui, dès la mise sous presse du produit, a vendu des milliers d'exemplaires de son sempiternel et unique article, sans se préoccuper le moins du monde de ce qu'il va contenir, et sans être concerné par la réussite ou l'échec commercial de la chose. Il est le seul gagnant certain de l'opération, avant même qu'elle ne prenne corps! Je ne connais pas le nom de ce brillant inventeur, sans nul doute millionnaire, ni ne sais où il habite, et comment il vit, ou même s'il est encore de ce monde. Mais ce qui est sûr, c'est qu'il a dû avoir une enfance bien malheureuse. Il faut bien avoir souffert en effet, des abus d'une mère acariâtre ou des excès d'un père abusif, voire des deux à la fois, pour se venger ainsi sur l'humanité tout entière! Car avant de vous être cassé les ongles en essayant d'extraire la rondelle musicale vous avez déjà pesté quelques minutes à tenter de trouver l'extrémité de la languette de cellophane sensée vous faciliter l'ouverture de l'emballage préservant la virginité de votre boîtier contenant le CD où est gravée la musique tant espérée. Là ne s'arrêtent pas hélas vos déboires! Car, voulant en savoir plus sur ce que vous entendez, vous dégagez le livret des ergots qui le maintenaient en place. Mal vous en a pris: une fois libérées de cet étau, les pages du cahier, se souvenant qu'elles sont en papier bouffant, reprennent leur volume et, après quelques essais de réinsertions voués à l'échec, vous n'aurez plus que trois solutions: casser les petits ergots (ce qui à l'avantage de libérer un tant soit peu vos frustrations), arracher une ou deux feuilles du livret, pour en diminuer l'épaisseur (évacuant de la sorte le reliquat de votre grogne) ou le conserver à côté du boîtier (séparation de corps qui entraine à brève échéance le divorce entre les deux éléments du binôme). Je vous le redis: le plus malin, dans le monde du CD, est l'anonyme inventeur du boîtier! |
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| 1 I 2010 | Du neuf au M'O! |
| Le premier janvier 2010 sera la date de naissance du M’O+ (lisez: «Le Magazine électronique de l’Orgue» et pas «Le Magazine de l’Orgue électronique» !). Après de longs mois de silence, c’est en effet sur internet que le M’O refait surface. Son rédacteur s’étant consacré à plusieurs projets accaparants, le M’O était devenu silencieux depuis deux ans… Mais maintenant que la retraite (comme on dit: bien méritée…) le lui permet, il reprend la plume et retrousse ses manches pour commenter la foule d’objets que les éditeurs, fidèles et confiants, ont continué à lui envoyer.
Le premier avantage d’un journal électronique est sa souplesse de rédaction: aussitôt écrite, une page est affichée sur le site, et est immédiatement accessible aux lecteurs. Par ailleurs, il ne sera plus nécessaire de rédiger le commentaire pour porter à la connaissance des lecteurs l’existence d’une publication: dès le premier janvier 2010, c’est au jour le jour que vous prendrez connaissance dans la banque de données du M’O+ de la liste détaillée de tous les objets arrivés à la rédaction. Avec mention de l’éditeur, et renvoi automatique à son site web. Autres avantages de la formule: il ne faut plus attendre d’avoir rédigé 64 pages pour passer à la publication, et le temps passé à l’emballage, l’affranchissement et l’expédition pourra être dorénavant entièrement consacré à la rédaction… Pour ne rien dire de l’équilibre financier retrouvé, suivant l’équation suivante: Prix du M’O+ = Prix du M’O – [frais de mise en page, d’expédition (DHL de Bruxelles à Dresden), d’impression, de transport (de Dresden à Bruxelles), d’emballage (pochettes plastique), et de port (vivent les Postes, dont le tarif des périodiques a été augmenté plus qu’une fois par an pendant l’existence du M’O, version papier!)] + [conception du nouveau site (une grosse facture, une fois pour toutes) et hébergement annuel du site]. Tout le monde y gagne, sauf peut-être les quelques malheureux qui n’ont pas encore fait le pas du raccordement à internet… Mais ceux-là, comme le répète le rédacteur du M’O, ne sont-ils pas un peu comme ceux qui, au début du siècle dernier, hésitèrent à s’abonner au téléphone... |
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| 31 XII 2009 | Petit historique d'un périodique déjà vieux de plus d'un quart de siècle... |
| Au début, il y eut [Sic transiT], un mignon petit périodique bimestriel réalisé avec la complicité du graphiste Guy Schockaert, expédié gratuitement à plus de 2.000 amateurs d'orgue sous forme d'un petit cahier (format A4 plié en quatre) sur papier crème, dont il fallait découper les pages. De juin/juillet 1983 à mars/avril 1985, il connut deux années à ce rythme, puis devint trimestriel, du numéro 12 (juin/août 1985) au numéro 23 (juillet/septembre 1988). La dernière année voit le rythme devenir semestriel (numéro 24, Juillet 1989 et numéro 25, janvier 1990).
Le Magazine de l’Orgue fut, de janvier 1975 à décembre 1996, une émission radiophonique hebdomadaire, réalisée et présentée par Jean Ferrard sur les antennes de la radio de service public nationale belge (RTB, puis RTBF – le F pour «française», pas pour le responsable de cette émission…, puis Radio 3, et aujourd'hui, hélas, Musiq'3). Adversaire de l'abus des cumuls, le réalisateur de ces programmes abandonna ses fonctions officielles à la RTBF quand il fut, en 1985, nommé professeur d'orgue au Conservatoire royal de Liège. Ayant lui-même participé à la gestion de cette grande maison de radio, il savait que ses jours en tant que «collaborateur extérieur», pour l'unique Magazine de l’Orgue, étaient comptés, et de fait, après 1115 émissions qui, pendant 21 ans avaient réuni les amateurs d'orgue du pays et des régions limitrophes, il fut tout simplement «remercié». Pour ne pas perdre le contact avec ses auditeurs, et rester actif dans la presse musicale dans le domaine très ciblé de l'orgue, il avait cependant ménagé ses arrières, en passant de l’oral à l’écrit. Le Magazine de l’Orgue imprimé numéro 0 date de juin 1993. Réalisé avec les moyens du bord (rédaction et mise en page sur ordinateur, tirage en photocopies sous couverture cartonnée crème d'une grande simplicité – mais avec déjà le logo conçu par Guy Schockaert), ce M’O de 28 pages était mensuel mais prenait des vacances en juillet et août. C’est à partir du numéro 51 (octobre 1998) que naît le format «petit livre de poche» de 64 pages, sous couverture en quadrichromie, paraissant au rythme de cinq numéros par an jusqu'à la fin 2004. Avec le numéro 83, le M’O devient trimestriel. Son dernier numéro paru est le 91, du troisième trimestre 2007. Le rédacteur unique du M'O+ ayant consacré l'essentiel de son temps à d'autres publications, le M'O+ prend un congé sabbatique de deux ans avant de se transformer radicalement, pour devenir le M'O+, un des très rares journaux consacrés à l'orgue paraissant uniquement sur internet à partir du premier janvier 2010. |
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